Le Coup de Cœur : Youssouf Radjabou

L'entretien ne devait durer que trente minutes, le garçon est plutôt du genre pressé. Finalement, il a duré plus d'une heure. Au fil des échanges, affable, Youssouf s'est confié. Sans se cacher ni se teinter de fausse modestie. Extraits.

 

Rédaction : Bonjour Youssouf ! 

Youssouf Radjabou : Bonjour !

 

R : Depuis quand connais-tu notre Mission Locale ?

YR : Le jour même où je suis arrivé à Agen ! En janvier 2015. Je venais d'Aurillac, ville dans laquelle j'ai débarqué en 2012, en provenance de Mayotte. En sortant de la gare d'Agen, j'étais "à l'aventure", sans perspective de logement pour la nuit. Puis, au bout de quelques mètres de marche, j'ai vu l'enseigne de la Mission Locale. J'y suis entré direct, sans hésiter, ma valise à la main. Au bout d'un quart d'heure, j'avais un rendez-vous d'inscription, fixé au surlendemain.

 

R : Puis, tout s'est enchaîné ...

YR : En effet. Au cours de mon entretien de Premier Accueil, j'ai abordé ma situation avec ma conseillère. Je lui ai décrit ce que je vivais, lui ai demandé s'il y avait des solutions. Elle m'a rapidement parlé du dispositif Garantie Jeunes, que je pourrais toucher une allocation tout en affûtant mes armes pour réussir mon insertion sociale et professionnelle. Le concept m'intéressait, je voulais à tout prix valoriser le DUT en Gestion des Entreprises que j'avais obtenu à Aurillac. Mais je ne savais pas trop comment. La Garantie Jeunes me paraissait être une bonne orientation. Mais, en premier lieu, ma conseillère s'est attelée à la priorité des priorités : régler ma question de logement. Et m'a trouvé une place au Foyer des Jeunes Travailleurs de la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment. Tout a été financé grâce aux aides accordées par le biais de la Mission Locale.

 

R : Tu as finalement intégré le dispositif Garantie Jeunes ?

YR : Oui, très rapidement, dès février 2015. On était un petit groupe de 9 jeunes. Tout le monde se retrouvait à la case départ. On a vite créé des liens, il y avait de la solidarité entre nous. D'ailleurs, je m'y suis fait des amis, qui comptent encore beaucoup dans ma vie. Les ateliers m'ont, de suite, beaucoup plu. Faire des CV vidéo, simuler des entretiens d'embauche : c'était nouveau et j'en avais besoin !  Puis, au bout de quatre semaines de collectif, j'accroche bien avec un intervenant. On discute communication, outils numériques ... Et boum, le lendemain, il me propose d'intégrer sa structure en tant que chargé de communication, en Service Civique. Cette aventure a duré 8 mois !

 

R : Après le Service Civique, tu fais quoi ?

YR : Je reviens pousser la porte de la Mission Locale. À l'époque, c'est mon QG ! Ma conseillère Garantie Jeunes m'a orienté vers d'autres postes. Elle a effectué quelques relances le matin, et en début d'après-midi je passais un entretien avec mon futur employeur pour effectuer un travail d'expertise auprès d'élus du personnel. Trois jours après, je signais mon contrat de trois ans, en Emploi d'Avenir. Contrat qui s'est terminé fin 2018.

 

R : Actuellement, où en es-tu professionnellement ?

YR : J'ai signé un CDI dans une entreprise spécialisée en expertise. Je suis Digital Manager, donc je développe tout ce qui concerne la communication, les réseaux sociaux. À moyen terme, je compte me lancer à mon propre compte. Pourquoi pas dans la location de voitures ? Le concept d'Airbnb m'intéresse aussi. 

 

R : Et la Mission Locale dans tout ça ?

YR : La Mission Locale a été l'acteur principal de mon insertion, professionnelle comme sociale. En fait, elle a clairement changé ma vie. Les conseils de mes différentes conseillères m'ont apporté la motivation nécessaire pour donner un sens à ma vie et aiguiser mes ambitions !

 

R : Et bien, Youssouf, nous te remercions d'avoir répondu à nos questions. À bientôt !

YR : Ce fut un plaisir. À bientôt !

 

 

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